[Chiffrement] Chiffrer vos discussions via Facebook grâce à l’OTR

Avouez…vous utilisez Facebook et sa messagerie instantanée intégrée, non ? Vous savez que Facebook se sert allégrement au passage, mais vous continuez, parce que c’est pratique. Vous avez aussi vu ce qui se passe dans l’actualité, avec ce projet de loi renseignement, et les risques de dérives et d’intrusion dans votre vie privée, sans contrôle judiciaire, ça ne vous plaît pas du tout, mais là encore, vous ne savez pas comment réagir, et vous continuerez comme toujours ?

Aujourd’hui c’est votre jour de chance. À défaut de vivre dans un pays où les politiciens ont un respect inconditionnel pour votre vie privée, vous allez apprendre à la protéger par vous-même – pour vos discussions instantanées en tout cas – en apprenant à chiffrer simplement vos conversations instantanées sur Facebook. Et pour cela, vous n’avez besoin d’aucune compétence particulière.

Cette méthode est utilisable pour toute messagerie suivant ce protocole (le XMPP), et même sur IRC. Il s’agit de l’OTR « Off-the-Record Messaging ». Et vous allez voir, elle est très simple à mettre en place si on utilise les bons outils. Elle est basée sur la combinaison d’une clé symétrique (une clé secrète utilisée pour chiffrer le message),  un système d’échange de clés pour se mettre d’accord sur celle-ci et un hashage des messages. Cela ressemble à du chinois pour vous aussi ? Pas de panique. Des logiciels s’occupent de tout pour vous !

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SNCF, mon amour

Cela faisait très longtemps que j’avais délaissé ce blog (ce qui n’aura pas manqué à grand monde, il est vrai). Mais il y a quelques semaines de cela, la recherche d’un billet de train m’a inspiré ces quelques lignes…

crédit photo : Pablo Alberto Salguero Quiles (CC BY-SA)

Chère SNCF,

Cela fait de nombreuses années qu’on se connaît, toi et moi.
Nous avons connu des joies et des larmes, le froid et les fortes chaleurs, nous avons assisté ensemble à de lointains couchers de soleil. Puis nos routes se sont séparées. J’ai pris l’habitude du confort et de l’autonomie d’une voiture. J’ai oublié peu à peu les traumatismes laissés par Jean-Marc, homme d’affaire format XXL qui avalait presque proprement ce délicieux en-cas à peine odorant, ou Martine qui quand elle n’est en train d’hurler au téléphone tenait absolument à raconter les déboires de son petit fils à l’école. Comprends moi bien, je n’ai rien contre les rencontres potentielles dans le couloir d’un de tes trains, entre le siège 62 et le 68. Mais il a souvent fallu que tu m’envoies le pire de ce que tu pouvais offrir. En toute honnêteté, chère SNCF, j’étais heureux, sans toi.

Récemment, j’ai écouté avec attention ces politiciens tout à fait compétents qui m’ont culpabilisé. Rouler en voiture, c’est mal. En plus, je roule en diesel. Je tue deux fois plus de bébés phoques, et ce n’est pas acceptable. N’ayant pas plusieurs années devant moi pour faire les trajets en véhicule électrique que j’aurai dû recharger pendant une nuit tous les quarante-deux kilomètres, j’ai donc regardé vers toi à nouveau, SNCF, mon Amour.

J’ai fait un nouveau trajet avec toi. Et l’expérience fût surprenante. Tu as réussi à partir presque à l’heure. Aucun appel pendant de longues minutes dans les haut-parleurs nasillards de la gare à la recherche de ton conducteur disparu. Malgré la période automnale, tu n’as pas annoncé des heures de retard en les justifiant maladroitement par les 3 feuilles tombées sur les voies au milieu d’une campagne hostile. Je n’ai pas fait de rencontres aussi pénibles que celles de mes souvenirs, et j’ai même apprécié d’arriver à destination beaucoup plus reposé qu’au moment du départ. Alors je me suis dit qu’il était temps de renouer avec toi. Comme au bon vieux temps. Parce que je dois bien reconnaître que je n’avais jamais vraiment pu t’oublier.

J’ai voulu repartir avec toi. Et là, tu m’as brisé le cœur. Quel était ce chiffre bizarre, là, dans la case « montant à régler » ? Pourquoi était-il si élevé ? Il était même moins cher de voyager par les airs ! Je me suis beaucoup interrogé, tu sais. Je voulais te comprendre. Je sais que tu me parleras du coût de l’entretien des infrastructures, mais cela justifie, à tes yeux, de telles variations de prix ? J’entends bien le message des petits malins du premier rang m’expliquer que c’est une question d’offres et de demandes, que monter les prix dans les périodes considérées comme plus attractives permet de réduire les prix dans les périodes plus creuses, et ainsi mieux remplir tes trains. Mais alors pourquoi tes trains sont-ils si vides aux heures pleines que tu proposes ? Et pourquoi même dans tes jours à faible trafic, tu veux vider mon compte en banque pour le moindre trajet ?

J’ai essayé, oh SNCF, mon amour, de recoller les morceaux avec toi. J’ai voulu croire en toi. Oublier nos différends du passé. J’ai fait un pas vers toi. Mais tout ce que tu as vu, c’est mon porte-feuille, pourtant déjà si peu rempli. Face à de telles propositions, je me dois de te quitter. Je ne te comprends plus. Et je ne suis pas le seul. Cette nouvelle rupture entre nous est un véritable crève-cœur pour moi, et je suis bien conscient qu’en m’éloignant de toi, je dois accepter que ces projets de voyages que nous avions faits ensemble ne resteront que de doux fantasmes. Qu’importe, je n’ai pas le choix.

Adieu SNCF, mon amie, mon amour.

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Apollinaire et domaine public

Apollinaire et domaine public

Vous le savez probablement (vous ne pouvez pas ignorer ça, si ?), mais ce début d’automne a été marqué par un événement important : les œuvres de Guillaume Apollinaire ont enfin rejoint les nombreux trésors que peut comporter le domaine public, 94 ans et 272 jours après son décès.

Rallongement de la durée de droit d’auteur

Aujourd’hui, en France les œuvres d’un auteur sont élevés dans le domaine public au premier janvier qui suit les 70 ans après sa mort1. C’est une durée particulièrement longue qui n’a cessé de s’allonger au fil du temps, les éloignant toujours plus longtemps du bien commun. Au début du XIXième siècle par exemple,  cette durée était alors de 14 ans après la publication de l’œuvre. Puis quelque temps après la révolution, cette durée sera portée à 5 ans après la mort de l’auteur, le bénéfice de ces 5 années étant octroyés à ses ayants-droits.  Cette durée ne sera pas encore jugée suffisante, et en 1866, elle sera portée à 50 ans post mortem. Puis en 2006, la mise en application d’une directive européenne amènera la durée effective aux 70 ans en vigueur actuellement.

Mais il existe bien entendu d’autres exceptions qui permettent d’allonger cette durée déjà très importante, au profit des ayants-droits. Par exemple, si la période d’exploitation des œuvres traverse l’une des deux guerres mondiales, une prolongation  est accordée (mais basée sur l’ancienne durée du droit d’auteur, de 50 ans à l’époque). Il en est de même si l’auteur est mort pour la France.

Revenons au cas de Guillaume Apollinaire

Qu’en est-il pour Guillaume Apollinaire ?  Combattant lors de la première guerre mondiale, il a été blessé à la tempe par un éclat d’obus. Il est décédé deux ans plus tard  lors de la grippe espagnole de 1918. Jugeant que sa blessure l’avait affaibli, Il a alors été reconnu mort pour la France.

On obtient alors la durée suivante : 50 ans (durée nominale de l’époque) + 30 ans (mort pour la France) + 6 ans et 152 jours (1ère Guerre mondiale) + 8 ans et 120 jours (2nde Guerre mondiale). Soit un total de 94 ans et 272 jours de droits d’auteur au bénéfice de ses ayants droits après sa mort. C’est quand même une durée extrêmement longue.

Une durée bien trop longue ?

Il va de soit qu’il est nécessaire d’assurer aux artistes l’exclusivité commerciale de leurs œuvres pendant une certaine durée. Notamment parce qu’un artiste doit pouvoir vivre du fruit de son travail. Mais nous parlons d’une durée de 70 ans après la mort de l’artiste. Combien d’autres métiers peuvent prétendre à de telles durées de préservation ? Une œuvre, passée une certaine durée ne doit-elle pas rejoindre la culture commune, venir rejoindre le bien commun, profitable à tous ?

Sachez qu’à ce sujet, de nombreuses personnes proposent de placer le curseur de durée d’exclusivité commerciale sur une durée de 20 ans après la première publication de l’œuvre. Cette durée permet d’assurer à l’auteur le bénéfice de son travail tout en permettant aux œuvres de s’élever plus rapidement.

La place du domaine public

Que contient le domaine public ?

Le domaine public contient des œuvres de l’esprit qui ne sont pas ou plus restreints par la loi. C’est donc le cas des œuvres dont la durée de droit d’auteur se termine, mais on y retrouve aussi d’autres éléments qui sont souvent oubliés. Certaines œuvres ne sont pas protégées par le droit d’auteur. C’est le cas par exemple des discours d’un parlementaire, qui sont immédiatement du ressort du domaine public. On y retrouve également tous les brevets , une fois qu’ils arrivent à expiration.

Dans certains pays (notamment les États-Unis), un auteur peut également faire le choix de déposer de lui même ses œuvres dans le domaine public, par anticipation. Il renonce ainsi à ses droits sur l’œuvre. Ce n’est toutefois pas possible en France, puisque le droit moral est inaliénable et ne peut donc faire l’objet d’aucune renonciation. On retrouve toutefois l’utilisation de la licence creative commons CC0, qui se rapproche au plus près du domaine public, dans la limitation de ce que permet la loi. Et pratique, c’est avant tout un signe de l’auteur signifiant qu’il ne compte pas faire valoir ses droits en cas d’utilisation de son œuvre par un tiers, y compris sans le citer. Certains auteurs, comme Pouhiou (le cycle des Noénautes) symbolisent par ce geste le fait que leurs œuvres n’existent qu’à travers les personnes qui les lisent.

Une élévation et non une chute

Vous avez bien entendu noté dans l’introduction de cet article que j’ai parlé d’élévation dans le domaine public, et non que les œuvres étaient « tombées » dans le domaine public, comme ce qui est souvent utilisé dans ce genre de cas. Ce n’est bien sûr pas un hasard du tout.

Contrairement à certaines idées reçues, le domaine public est tout sauf un cimetière d’œuvres mortes, dont plus personne ne se soucie. Au contraire, c’est souvent l’occasion d’une nouvelle vie pour ces œuvres qui, ne nécessitant plus le paiement de royalties pour être utilisées, retrouvent un second souffle, tant pour les éditions de roman que les pièces de théâtre ou les films. Nous pourrons avoir une pensée émue pour la guerre des boutons qui a fait l’objet de deux sorties cinématographiques dès son élévation dans le domaine public.

L’arrivée des œuvres d’un auteur dans le domaine public, ce n’est pas une mise au placard mais leur arrivée dans un bien commun qui appartient à chacun, sans restrictions (attention toutefois, la durée du droit d’auteur dépend des pays !). C’est l’occasion donnée à tous de profiter d’une richesse culturelle qui était pendant de nombreuses années restreints par ceux qui en possédaient les droits, puisque finalement, la propriété intellectuelle, c’est avant tout la liberté d’interdire.

Une valorisation nécessaire

Le domaine public est une richesse trop souvent laissée de coté. Elle est particulièrement méconnue et peu mise en valeur. C’est pourtant un vivier d’inspiration, de savoirs et de connaissances auquel tout citoyen devrait pouvoir avoir accès facilement. Hélas, les bases de données permettant l’accès à ces œuvres sont rares et peu intuitives. Les limites sont toujours repoussées avec des durées de droits toujours plus longues et des violations du contenu de ce trésor commun2 (non, numériser une œuvre du domaine public n’est pas une création originale qui justifie de placer cette copie dans un régime de droit d’auteur, comme ce qui est en train de se passer pour la numérisation des œuvres de la bibliothèque nationale de France !)

Cette valorisation du domaine public fait parti des points principaux d’un projet citoyen, « il faut réformer le droit d’auteur », qui a pour vocation de proposer à nos législateurs des propositions de modification du droit d’auteur. Lorsque le domaine public ne sera plus vu de façon si négative mais au contraire sera valorisé, quand chacun pourra facilement accéder aux œuvres qu’il contient pour accéder à la culture qu’il renferme, nous aurons sans doute fait un grand pas en avant.

Pour aller plus loin

Une journée d’étude sur le domaine public aura lieu le 31 octobre à l’assemblée nationale, coorganisé par Mme la députée Isabelle Attard, membre de la Commission des affaires culturelles de l’Assemblée et le collectif SavoirCom1. Sachez qu’il est possible d’assister à cette journée gratuitement, sur simple inscription. N’hésitez pas à vous y rendre pour assister à des débats qui je l’espère tiendront toutes leurs promesses, avec des interlocuteurs aussi passionnés que passionnants.

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1. Dans le cadre d’une œuvre à auteur unique, et sans allongement. Pour plus d’informations à cet endroit.

2. Je vous invite à lire cet excellent article de Calimaq à ce sujet.

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Fin de Windows XP : vers un nouveau départ ?

Cela ne vous aura pas échappé, Windows XP est en train de tirer sa dernière révérence. Dans quelques mois, le 8 avril 2014 pour être précis, le support de Windows XP fermera définitivement ses portes. Même si nombres de personnes ont déjà migré depuis longtemps vers des versions plus modernes du système d’exploitation de Microsoft, il reste de nombreux ordinateurs qui l’utilisent, autant chez les particuliers (notamment ceux qui n’ont pas besoin de machines très puissantes) qu’au sein des parcs informatiques des entreprises.

Image : Delphine Ménard (CC BY-SA 2.0)

Arrêt de service, quel impact ?

Parmi les personnes de mon entourage ayant encore des PC sous XP, peu de gens semblent comprendre ce que signifie l’arrêt définitif du suivi de XP. Par sa conception et la séparation trop faible entre l’utilisateur classique et les actions administrateurs, Windows XP était déjà un système d’exploitation sujets à de nombreux malwares en tout genre. En effet, il était assez simple pour un logiciel malveillant de venir s’installer confortablement, même à l’insu de l’utilisateur. Toutefois, les failles principales étaient corrigées par Microsoft au fur et à mesure qu’elles étaient découvertes. Ce sont les fameuses mises à jour de sécurité, qu’il est impératif de réaliser dès qu’elles sont disponibles. Pour faire simple, dès qu’une porte ouverte sur votre PC était repérée, Microsoft via ses correctifs la colmatait, pour éviter de voir des personnes malintentionnées s’engouffrer dans la brèche. Mais à partir du 8 avril, ce ne sera plus le cas. Et bien sûr, même si le nombre de failles est moins important que par le passé, elles existent toujours, comme dans tout logiciel. En conséquence, garder un PC sous Windows XP, c’est s’exposer à de nombreux virus et malwares qui pourront venir perturber votre expérience numérique. C’est un risque à ne pas prendre, il est temps de corriger le tir.

Face à cet arrêt, quelles solutions ?

Pour préserver la sécurité de votre ordinateur tout en profitant des avantages qu’il peut vous procurer en étant connecté, une seule solution changer de système d’exploitation. Windows XP est de toute façon dépassé et de nombreux programmes ne peuvent plus y être utilisés. Pour cela, plusieurs possibilités s’ouvrent à vous. Microsoft vous orientera vers l’une de ces deux possibilités suivantes :

Passer à une version Windows plus récente

Ils vous orienteront bien sûr dans la mesure du possible vers une version plus récente de leur système d’exploitation. De préférence Windows 8, leur dernière version. C’est évidement une possibilité. Vous pouvez aussi passer sous Windows 7. Mais attention, ce système est plus gourmand, et votre configuration ne sera peut-être pas assez puissante pour le faire tourner correctement, sans ralentissements intempestifs. La configuration minimale pour un passage sous Windows 8 est la suivante : un processeur double-cœur à 1 GHz, 1 ou 2 Go de mémoire vive (selon que le système est 32 ou 64 bits) et au moins 20 Go d’espace libre sur le disque dur. Depuis XP, vous devez acheter la mise à jour, après avoir vérifié que votre système le supportera. Attention, la dernière version ne fournit plus d’outils pour faire tourner des développements XP sur le système de façon native. C’est à dire que vos logiciels anciens, développés pour XP ne seront pas forcement compatibles avec votre nouveau système. Pour vous donner un chiffre, 10% d’applications développées pour Windows XP ne sont pas utilisables sous Windows 8. Pour pouvoir les faire fonctionner, vous devrez mettre en place un système de virtualisation vous même, ou passer à d’autres programmes plus modernes.

Changer d’ordinateur

Et si votre ordinateur est trop ancien, avec une configuration qui commence à dater ? Bien entendu, Microsoft et les vendeurs de vos magasins préférés vous expliqueront que les ordinateurs modernes sont bien plus efficaces, plus beaux, plus forts, et qu’ils résoudront tous vos problèmes par magie. Ils vous prouveront par A+B que vraiment, vous devez acheter une nouvelle machine. Ils vous présenteront les ordinateurs généralement moyenne gamme, ainsi que les tablettes ou autres systèmes en vogue. Vous pouvez bien sûr opter pour cette option (attention toutefois à ne pas acheter quelque chose qui dépasse de loin vos besoins…). Mais êtes-vous vraiment certains que vous avez besoin d’un nouvel ordinateur ? Le votre vous convenait bien, vous ne devez le remplacer que pour éviter les risques de sécurité, pas parce qu’il ne correspond plus à votre besoin. Si vous utilisez votre ordinateur pour consulter vos e-mails, surfer sur internet, aller sur les réseaux sociaux y faire vos petits jeux, faire vos comptes et stocker votre musique, vous n’avez pas besoin d’un PC de dernière génération. Alors pourquoi tomber dans la consommation à outrance, et ne pas plutôt opter pour une solution adaptée à vos besoins ?

Prenez également en compte que Windows 8 n’est pas le système d’exploitation qui préservera le mieux votre vie privée, comme le montrer cette infographie faite par la Free Software Fondation et traduite par l’April.

Et si c’était le moment de passer sous GNU/Linux ?

Pourquoi ne pas tenter de changer de système d’exploitation ? Quoiqu’il arrive, vous devrez vous habituer à un environnement différent de celui que vous connaissez sous XP. Alors quitte à changer, pourquoi de pas essayer GNU/Linux ? Ce système souffre encore d’une image de système disponible uniquement à ceux qui maîtrisent l’informatique et les lignes de commande. Mais c’est faux. Actuellement, de nombreuses distributions vous permettront d’utiliser votre ordinateur sans la moindre ligne de commande.

Des distributions légères, compatibles avec de vieilles machines

Quelque soit la configuration de votre machine, vous pourrez trouver une distribution qui puisse fonctionner sur votre système. Certaines distributions sont capables de fonctionner avec moins de 256 Mo de RAM. Si votre PC fonctionnait sous Windows XP, il pourra fonctionner sous GNU/Linux.

Quelques pistes de distributions

GNU/Linux propose un large choix de distributions. Chacune offre une expérience utilisateur différente, et vous pourrez sans aucun doute trouver celle qui pourra vous satisfaire. En considérant que vous venez découvrez l’univers de GNU/Linux, vous devez vous orienter vers des solutions clés en main, faciles à utiliser, qui ne nécessitent pas obligatoirement le passage par des lignes de commandes, et qui dispose de communautés réactives qui se feront une joie de vous aider sur les divers forums, si toutefois vous aviez un problème ou une question. Je vous en propose ici trois. Bien entendu, il en existe de nombreuses autres. N’hésitez pas à en tester plusieurs avant de faire votre choix.

  • Xubuntu est une version modifiée d’Ubuntu. C’est généralement celle que je conseille aux débutants. Proposés sous l’environnement XFCE, elle propose un système complet et relativement léger, avec un environnement de bureau proche de ce qui peut être utilisé sous Windows.
  • Fedora est une distribution très complète et fonctionnelle également sans modifications. Elle embarque un environnement au style plus moderne, Gnome 3. Idéal pour ceux qui cherchent un environnement stable et sont prêts à s’éloigner un peu des interfaces dont ils ont l’habitude.
  • OpenSuse est une distribution se rapprochant d’avantage de ce qui existe sous Windows 7. Sa grande force est sa gestion particulièrement efficace des pilotes de cartes graphiques. Elle est la distribution idéale pour les ordinateurs portables. Elle supporte également nativement les installations sur les nouveaux ordinateurs équipés de secure boot de Microsoft, sans devoir le désactiver manuellement.

Vous le constaterez, l’univers de GNU/Linux est un monde attachant dans lequel vous allez très vite vous adapter. Et si la NASA a sauté le pas, pourquoi pas vous ?

Le compte à rebours est lancé !

Quelque soit la solution que vous préférerez (et je vous invite fortement à oser tenter le passage sous GNU/Linux, sans changer complètement votre ordinateur), il est grand temps pour les derniers utilisateurs de Windows XP de passer à un autre système d’exploitation avant la fin définitive de son support. Il en va de la sécurité de votre PC, ça vaut la peine de faire cet effort. Et pour vous en souvenir, voici un petit compteur vous indiquant le temps que vous avez encore devant vous :

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Structurer un projet communautaire

Lancer un projet communautaire est toujours une aventure humaine intéressante. Au-delà des avantages que cela confère (multiplier les compétences, trouver de la complémentarité et ainsi proposer un rendu final de meilleure qualité, avancer plus rapidement, etc.), c’est avant tout l’occasion de partager des moments de complicité et de travailler dans la bonne humeur. Cela permet aussi de créer une synergie qui permet de palier à certaines périodes creuses que peut connaître un projet mené individuellement. Mais si les projets communautaires représentent une expérience unique, ils présentent aussi des difficultés supplémentaires qu’il faut prendre en compte dès le départ, de façon à être sûr qu’il arrivera à son terme.

La Cathédrale et le Bazar

Vous connaissez sans doute l’essai d’Eric Raymond, la cathédrale et le bazar. Cet essai oppose, dans une comparaison entre le développement de logiciels fermés et de logiciels open source, un mode de fonctionnement en cathédrale (approche excessivement organisée et inflexible) à un mode de fonctionnement en bazar (approche apparemment désorganisée et hautement flexible).

Par nature, un projet communautaire libre, comme pour les projets logiciels, ressemble davantage à un fonctionnement en mode Bazar. Cela permet une flexibilité plus grande, et les allées et venues des différents contributeurs. Cette forme est tout à fait adaptée, mais nécessite tout de même la mise en place d’une organisation initiale. Fonctionner globalement en mode bazar ne doit pas dire fonctionner sans aucune structure. Sinon, les énergies se disperseront et le projet ne pourra pas aboutir. Il est donc nécessaire, pour lancer le projet, d’organiser le travail, et de mettre en place un système de suivi du projet. C’est bien entendu ce qui est mis en place dans le cadre des logiciels. Mais il ne faut pas oublier de le faire également de façon plus large pour les projets de traduction, de livres, de documentation etc. Cet article est avant tout issu d’un retour d’expérience sur les projets de traduction, en raison de mon expérience personnelle. Mais cela peut s’appliquer dans d’autres domaines.

Structurer le projet

Souvent, le projet naît d’une idée. Il a parfois été commencé par une personne unique, qui va chercher à faire appel à d’autres contributeurs motivés pour le mener à son terme. C’est à ce moment, avant que le projet collaboratif se lance réellement, qu’il est nécessaire de proposer un squelette de projet. Cette création de structure peut se diviser en plusieurs étapes.

Étape 1 : état des lieux

Tout comme vous le feriez en arrivant dans un nouveau logement, il est nécessaire de faire l’état des lieux du projet. C’est une étape rapide, qui consiste finalement à synthétiser un certain nombre d’informations.

  • Quel est l’objectif final du projet ? Dès le départ (et pour toute la durée du projet), il faut bien garder à l’esprit la finalité du projet. Cet objectif est ce qui doit permettre d’orienter chacun des choix techniques qui seront à faire pendant le projet.
  • Qui sont les contributeurs intéressés ? Il faut s’assurer de disposer de toutes les compétences nécessaires pour arriver au bout du projet. Si certaines compétences manquent (un graphiste manquant à l’appel par exemple), il faudra prévoir dès le lancement du projet de trouver un contributeur pour combler ce manque.
  • Quelles sont les étapes nécessaires ? Il faut décomposer dès le départ le projet en étapes intermédiaires qui permettront de cadencer la réalisation globale. Ces jalons intermédiaires pourront parfois être menés en parallèle. Dans le cadre de la traduction d’un livre par exemple, on peut imaginer une étape de traduction, puis une étape de correction, une de mise en page, etc.
  • Où en est le projet ? Quand le projet a été initié suite à une initiative individuelle, il est possible que certaines parties du projet soient déjà commencées, voire parfois terminées. Il est également possible – c’est la grande force du Libre – de récupérer des éléments déjà existants, réalisés dans le cadre d’autres projets. (Dans ce dernier cas, il faudra bien sûr penser à respecter les licences et ne pas oublier de citer la présence de travaux issus d’un autre projet/d’une autre personne.)

Étape 2 : créer un système de suivi

Il est nécessaire de pouvoir avoir une vision d’ensemble du projet tout au long de sa réalisation. Les différentes étapes du projet doivent y être réunies, avec les informations nécessaires pour les participants, et l’avancement. Ce système doit être idéalement partagé avec les différents participants, de façon à ce qu’un nouveau contributeur arrivant en cours de route puisse immédiatement voir où le groupe en est et tout de suite contribuer efficacement. Pour les étapes qui ne peuvent pas être réalisées de façon collaborative, ce fichier permettra aussi d’indiquer clairement qui est en charge de l’étape, de façon à ce qu’elle ne soit pas commencée par plusieurs personnes en même temps. Il existe bien entendu de nombreuses façons de procéder. Les logiciels de gestion de version permettent de regrouper la dernière version du projet, mais aussi les versions précédentes et toutes les modifications apportées. C’est la meilleure réponse au besoin de suivi de projet.

  • Github est un service de gestion de version collaborative en ligne très utilisé. Il est basé sur le programme git créé par Linus Torvalds. Il est avant tout destiné aux développements logiciels, mais il peut toutefois être utilisé pour des projets de création de livres ou de documentations, comme c’est le cas pour le livre Open Advice. Cet outil, bien que non libre, est très en vogue, et gratuit pour les projets de logiciel libre. Vous pouvez toutefois privilégier l’un de ses équivalents libres, comme Gitorious.
  • Open project est probablement la solution offrant le plus large potentiel. Cet outil complet de gestion de projet permet de suivre l’avancement du projet, permettant un accès distant, la gestion d’un planning, des participants et des différentes tâches. Il est bien entendu utilisable pour bien d’autres choses que les projets communautaires.
  • Dans le cadre de projets courts et linéaires, où il y a peu de parallélisation des tâches, il est bien sûr possible d’utiliser un tableur pour faire un suivi allégé. Il pourra être partagé via le cloud, ou réalisé sur des tableurs en ligne, comme le service proposé par Framasoft : Framacalc. Cette solution est moins complète que les outils présentés ci-dessus, orientés pour le logiciel. Mais dans le cadre de traductions ou de documentation, cela peut parfaitement remplir sa fonction.

Étape 3 : mettre en place les outils de travail collaboratif

Une fois l’outil de suivi en place, il faut avoir les outils nécessaires au travail collaboratif. En fonction du projet, ils peuvent être variés. Dans le cadre de développement logiciel, cela peut tout simplement passer par l’utilisation de git, en passant par des services comme github, cité dans l’étape 2. Mais quand il s’agit de traductions, ou d’organisations d’événements, la création de documentations ou d’autres choses, il existe des outils simples, qui ne seront pas un frein à la participation d’utilisateurs moins connaisseurs. Voici 3 exemples d’outils facilement disponibles et simples d’utilisation :

  • Etherpad  est un éditeur de texte collaboratif en ligne (libre, bien entendu). Il permet de se connecter à plusieurs utilisateurs pour modifier un même document en direct. Un système de coloration du texte permet de repérer les contributions de chacun. Il intègre également une gestion de versions, un petit chat pour pouvoir dialoguer avec les autres utilisateurs et un système d’export du document.  Il est à installer sur son propre serveur, ou à utiliser via des services en ligne qui le proposent, comme le service Framapad, proposé par Framasoft.
  • Booktype est une plate-forme collaborative (libre) qui permet la rédaction collaborative de livres. Les différents utilisateurs peuvent interagir sur ces derniers par chapitre, en mode texte ou en HTML (une seul utilisateur par chapitre à la fois, contrairement à etherpad). Il intègre un gestionnaire de version, et permet l’export du document sous divers formats (PDF, ePub, ODT, HTML, MOBI…etc.).  C’est un outil qui est utilisé pour la préparation et/ou la traduction de livres libres, notamment par Framabook ou Floss Manuals. Il faudra toutefois l’installer sur un serveur pour pouvoir l’utiliser.
  • Les Wiki sont des sites modifiables directement par les utilisateurs, avec ou sans inscription. Il est particulièrement adapté pour des projets de documentation. Il existe différentes versions de Wiki, à installer en fonction de ses besoins, du plus simple (par exemple DokuWiki) au plus avancé (par exemple MediaWiki, utilisé pour Wikipedia).

En route vers le succès

En mettant en place une structure comme celle décrite ci-dessus  , vous pourrez sereinement lancer votre projet. Le mode de fonctionnement global pourra être en bazar, cette structure initiale vous permettra de garder la main, avoir une bonne vision de l’avancement et vous aidera à mieux animer le projet. Ce n’est bien entendu pas la seule façon de structurer un projet de culture Libre pour réussir.  Tout ceci n’est finalement qu’un exemple issu d’un retour d’expérience.

Ne pas oublier la communication

Bien sûr, cette structure est destinée à un projet communautaire. Et qui dit travail de groupe dit communication. Pour que la mayonnaise puisse prendre, il est absolument indispensable d’échanger un maximum entre les différents contributeurs. Tout le monde doit pouvoir savoir ce qu’il y a à faire, connaître les tenants et aboutissants du projet et se sentir impliqué. Et cela passe par une communication efficace. Un maximum d’échange est donc nécessaire, y compris pour assurer une bonne ambiance de travail au sein du projet. Un projet qui se déroule dans une ambiance conviviale est un projet qui aboutira à un résultat final de meilleur qualité, et de façon plus efficace qu’un projet sans communication qui se déroule de façon morne. Garder ce fil de communication actif du début à la fin du projet, c’est s’assurer que le tout ne finisse pas par s’essouffler, en laissant les contributeurs s’isoler et se décourager. Bref, la communication est en réalité le point le plus important.

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Nous avons des choses à cacher

Période oblige, les discussions sur la vie privée et sur la surveillance de plus en plus présente (notamment sur le plan numérique) se multiplient. Même sans parler de PRISM ou de ses équivalents, cette surveillance est toujours plus d’actualité.

Ça passe par diverses lois qui finissent par être votées — avec plus ou moins de succès pour nous protéger, nous, braves citoyens. La tendance est à la surveillance systématique au nom de la protection. Et les partisans de cette surveillance iront vous expliquer que c’est grâce à cela que le terrorisme est majoritairement évité. Dormez braves gens, les gouvernements veillent sur vous. Et s’ils viennent empiéter sur votre vie privée, vous n’avez pas à vous inquiéter. De toute façon, vous n’avez rien à vous reprocher, donc rien à cacher, si ?

Des arguments « indiscutables »

Partout où de nouveaux systèmes empiètent sur notre vie privée, on nous le sert avec des arguments indiscutables. En France ce sera essentiellement au nom de la lutte contre la pédopornographie pour justifier la surveillance massive des communications numériques (parce qu’il est bien évident que surveiller les réseaux pour bloquer les sites pédopornographiques est plus indispensable et efficace que de trouver ceux qui le pratiquent. Il est bien évidement qu’un site bloqué ne réapparaîtra pas 2 jours plus tard, non?). Aux États-unis, ce sera toujours le terrorisme qui sera mis en avant, avec le Patriot Act et ce qu’il donne comme droit de regard, triste cadeau laissé par les attentats du 11 septembre.

Systématiquement des justifications non discutables. Qui oserait aller remettre en cause ce qui touche la pédopornographie ou le terrorisme ? Personne. Ce sont les ennemis. Il faut les vaincre, il faut s’en protéger. Et dès que vous évoquez ces dérives potentielles, il y aura toujours des gens pour hurler au scandale, parce que vous jouez le jeu de ces abominations. Il FAUT accepter d’être surveillé, traqué, filtré. C’est pour notre bien. Et puis, vous n’avez rien à cacher, si ?

Arrêtons avec cet argument insensé

Il serait temps d’arrêter de tenir ce genre de propos. Ce n’est pas parce que nous ne faisons rien d’illégal que nous n’avons pas des choses à cacher, des choses à garder dans un cadre plus fermé. Vous n’avez rien à cacher, et en conséquence cela ne vous gène pas que 100% de vos données électroniques, de vos mails, de vos discussions sur le web, des sites que vous visitez etc soient observés ? Transposez donc dans le monde physique. Seriez-vous vraiment prêt, parce que vous n’avez rien à cacher, à avoir une personne en permanence chez vous, en mesure de vous suivre dans chaque coin de votre logement pour voir le moindre de vos faits et gestes ? Accepteriez-vous que quelqu’un vous regarde dormir, manger, aller la douche ou aux toilettes, lire tel ou tel ouvrage ? Vous n’y faites rien d’illégal. Pourtant, vous tenez à cette intimité. Il devrait en être de même pour votre vie privée sur le web.

Une conférence sur le sujet

Numendil a animé une conférence sur le sujet lors du PSES2013. Qui concerne cette surveillance grandissante mais aussi la notion de vie privée à travers les réseaux sociaux, et les informations que les géants du Web sont capables de recouper avec nos données. Bien que je n’ai pas eu l’occasion de m’y rendre, j’ai pu la voir en vidéo (grâce à l’article de Korben). Je ne peux que vous inviter à la regarder, y compris si vous faites parti de ces gens qui ne voient pas de problème à cette intrusion toujours plus profonde dans nos vies privées sous prétexte qu’ils n’ont rien à cacher. Elle est relativement longue (un peu plus d’une heure, suivie par une séance de questions/réponses) mais il serait vraiment dommage de s’en priver. En plus elle est sous licence CC0. Elle n’est pas belle la vie ?

Pour conclure

Sans entrer dans le débat en cours sur PRISM (très sincèrement…on savait déjà. Il y a simplement des éléments concrets pour justifier ce qui est dénoncé depuis de nombreuses années), il est important que chaque citoyen prenne conscience de cette intrusion toujours plus marquée dans nos vies privées.

Il n’est pas normal que sous le couvert de notre protection à tous, la surveillance de chaque citoyen devienne systématique. D’ailleurs, ce genre de choses de mène à rien de bon.  Une intrusion systématique dans la vie de tout les citoyens est indigne d’une démocratie, et se rapproche d’avantage d’un système totalitaire.

Je ne pouvais terminer cet article (le premier en son genre sur ce blog, mais peut-être pas le dernier) que par ce qui est incontestablement ma citation favorite, et tellement d’actualité :

Un peuple prêt à sacrifier un peu de liberté pour un peu de sécurité ne mérite ni l’une ni l’autre, et finit par perdre les deux. — Benjamin Franklin

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Adopte un auteur

Adopter un mec, c’est bien. Enfin c’est ce que disent leurs pubs en tout cas.  Mais on doit pouvoir faire mieux. Pourquoi adopter un mec quelconque quand on peut adopter un humain beaucoup plus créatif ?

Alors dans ce cas, adoptons plutôt des auteurs ! Ils pourront nous faire voyager dans leurs univers, et armés de notre imagination nous pourrons vivre de nouvelles aventures. C’est quand même plus sympa que de mettre un mec dans son caddie, non ? En plus, vous pourrez ici adopter vos auteurs sans discrimination de sexe, d’âge, de région, de style d’écriture etc. Elle n’est pas belle, la vie ?

Si je parle de ce projet ici, c’est parce qu’il propose un concept tout à fait intéressant, qui pourra sans doute intéresser certains d’entre vous. C’est ici un projet gagnant-gagnant. Il n’est pas question spécialement de libre ici (pour une fois), bien que certains auteurs proposent des livres libres (vous vous rappelez sans aucun doute des Noénautes de Pouhiou, dont nous avons déjà parlé).

Le concept

Ce système propose un partage direct entre l’auteur et ses lecteurs potentiels. Vous avez accès à une liste d’auteurs participants, qui ont le cœur qui bat à l’idée d’être adopté par un lecteur. Ils offrent leur livre (en version numérique) aux lecteurs qui en feront la demande. En échange, ces lecteurs s’engagent à proposer une chronique de ce livre, soit sur leur blog s’ils en possèdent un à orientation littéraire, soit directement en chroniquant sur le site d’une librairie en ligne (Immateriel, Epagine, Kobo, Amazon, iBookStore, etc.). Il est bien sûr possible de faire les deux, pour les plus courageux. Ces chroniques sont bien entendu libres, et vous pouvez dire ce que bon vous semble sur l’ouvrage en question.  Que vous l’ayez adoré ou détesté, l’important est d’écrire un avis le plus constructif possible.

De cette façon, l’auteur est lu, le lecteur a de quoi lire et découvrir. Tout le monde y trouve son compte.

Un échange uniquement numérique

En lecteurs attentifs, vous aurez remarqué que ce « partenariat » n’est proposé qu’en version numérique. Ce choix est un parti-pris de l’équipe à l’origine du projet. Se limiter à une version numérique permet de proposer un partenariat qui est virtuellement gratuit (j’entends par là pas de frais de création de l’objet physique, ni même de frais d’envois). Ça devient quelque chose qui ne se base que sur le partage, l’échange entre un auteur qui veut partager son ouvrage et un lecteur qui souhaite le découvrir.

Bien choisir le lieu de la chronique

Vous avez décidé de participer et d’adopter un auteur ? Excellente idée ! Et vous hésitez peut-être encore chroniquer ce livre sur votre propre blog, ou sur une librairie en ligne, prenons pour l’exemple celle d’Amazon. Bien sûr vous êtes libre de choisir l’un ou l’autre. Vous pouvez même le faire sur les deux. Mais soyez conscient de la différence de démarche entre les deux, qui n’est pas forcement mise en avant par adopte un auteur.

Votre chronique représente une véritable plus-value. Elle permettra à ceux qui la liront de se faire une idée sur le livre. Cela influencera potentiellement leur choix de le lire ou non.  Les grandes plate-formes sont bien conscientes de cette valeur ajoutée. C’est pour cette raison qu’Amazon a racheté le plus grand réseau social littéraire du monde, Goodreads, pour 150 millions de dollars (somme non officielle, issue de fuites), devançant Apple qui s’intéressait également à cette plate-forme. Si vous doutiez de l’importance de vos chroniques, cette acquisition devrait finir de vous convaincre.

C’est donc à vous de choisir ce que vous souhaitez valoriser. Sur votre blog, vous mettez en avant votre travail. C’est lui qui est valorisé. Si vous choisissez de le faire sur une librairie en ligne (Amazon dans notre exemple), c’est avant tout cette plate-forme qui gagnera de la plus-value. À l’heure actuelle, adopte un auteur ne fait pas de distinction entre les deux, ce qui est à mon sens l’un des (petits) défauts de l’expérience. Mais une fois le chroniqueur conscient de cette distinction, il n’en reste pas moins maître de son choix, et c’est le principal. C’est vous qui décidez. Pensez bien évidement aussi à poster votre chronique sur le site et/ou la fiche de l’auteur.

Pourquoi y participer

Cette formule est un bon moyen de nouer des liens forts entre les auteurs et leurs lecteurs. En temps que lecteur, cela permet de découvrir des auteurs que vous n’auriez pas forcement lu en temps normal. Souvent issus de petits éditeurs (voir d’auto-édition), les adopter, lire leurs livres et en parler grâce à votre chronique, c’est aussi le moyen de soutenir ces 99% d’auteurs qui restent loin de la connaissance du grand public, mais qui n’attendent que des lecteurs. Alors pourquoi vous en priver ?

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Les Noénautes

Ceux qui me côtoient ces dernières années comprendront l’ironie de la chose. Moi qui clame à qui veut l’entendre que je n’arrive plus à me plonger comme avant dans les livres, perdu dans les distractions sur le PC, voila que j’écris sur ce blog tout neuf un article sur… un livre. Mais laissez-moi vous raconter cette histoire (car parait-il, tout n’est qu’histoire).  Vous vous doutez bien que je n’en parle pas par hasard. Laissez-moi vous conter non pas l’histoire de ce livre — dont vous pourrez vous faire votre opinion — mais celle de ma rencontre avec lui.

Tout commence par une idée…

Tout commence par une idée. C’est toujours comme ça. Elle arrive, souvent quand on ne l’attend pas, au coin de la rue, derrière un lien hypertexte sur lequel on clique presque sans s’en rendre compte.

Et ici, cette idée n’est pas la mienne. Peut-être celle de Pouhiou, son auteur. Et encore. Cette idée est née, elle a grandi, et c’est une fois lancée que je l’ai croisée.

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C’est l’histoire d’un livre libre tellement libre qu’il voulait devenir gratuit

Un défi d’écriture

Écrire sous contrainte, c’est bien plus sympa, non ? Alors Pouhiou se lance un défi. Écrire 4 jours par semaine un épisode, en commençant le matin pour le publier le soir, à heure fixe, sur son blog. Puis petit à petit, le livre s’est formé. Les livres, puisque le second tome sort, et qu’il y en aura huit au total. Mais ce n’est pas encore là que je croise ce livre.

Un livre libre

Ce livre est un livre libre. Il est placé sous licence CC0, au plus près du domaine public. Avec l’engagement volontaire de son auteur d’offrir ses écrits à qui voudra les lire, tout en expliquant à ceux qu’il rencontre comment ses écrits ne prennent vie qu’à travers celui qui les lit. Il appelle ceux qui le souhaitent à le lire, l’utiliser, le transformer. En trois mots : le faire vivre. Offrant un univers fantastique, à la fois geek et hétéro friendly, il partage les aventures de ses héros — les noénautes — capable de voir le monde fou des pensées. Mais une nouvelle fois, je ne l’ai pas croisé ici.

Le livre libre qui voulait devenir gratuit

C’est avant la sortie du second tome que son auteur a poussé la démonstration plus loin. Écrire un livre libre, le partager pour le simple plaisir, ce n’est déjà pas rien. Mais la version papier a un coût. Alors Pouhiou a tenté de démontrer sa vision des choses.

J’ai pour habitude de dire que « Mon roman est gratuit. Ce qu’on achète, c’est un objet fait de papier sur lequel l’histoire a été imprimée.

J’ai envie qu’on me fasse mentir. Que le livre papier puisse devenir « gratuit » à son tour. J’ai envie de voir le regard surpris des gens à qui j’offrirai les 217 pages de #Smartarded en leur disant :

C’est gratuit. Ce qui veut dire que ça a déjà été payé.

Il a fallu les efforts d’un auteur, d’un éditeur et d’une foule de lecteurs pour que cet exemplaire vous soit offert… C’est dire combien on a eu envie de le partager avec vous…

Il a alors lancé une campagne de financement, un crowdfunding gagnant/gagnant. En limitant la chaîne distribution et en pré-vendant son tome 2, Mon orchide, avec la participation de personnes — moi compris — qui ont cru à son projet, qui y ont vu un message fort. 92 participants et 3333€ plus tard, il a atteint son objectif. Les participants reçoivent leurs compensations, en fonction de leur participation. Et ce sont plusieurs dizaines de livres libres qui deviennent gratuit, prêts à porter leur message à ceux qui les recevront au fur et à mesure des distributions.

Libre ne veut pas dire gratuit. Mais gratuit signifie financé avant l’échange.

Une histoire sans valeur ?

Certains verront ici une histoire sans valeur. Ce qui aurait presque du sens, pour un livre devenu gratuit. Mais ce partage, cette expérience réussie lui donne au contraire une valeur inestimable. Avant même d’en lire la première page, ce livre prend soudainement une autre dimension. Il n’est plus qu’une simple histoire. Il devient une histoire portée par un concept. La réussite d’une idée.

Et le contenu, dans tout ça ?

J’ai aimé ce livre avant même de l’avoir lu. J’ai apprécié ce qu’il représentait avant même d’attaquer l’introduction. Je peux même en parler sans entrer dans le détail du contenu. Mais vous pensez bien que je n’écris pas cet article sans l’avoir fait.

Porté par toute la sympathie que j’ai pour son auteur et la démonstration qu’il a apporté, j’ai commencé sa lecture. Moi qui d’habitude ne sait plus lire, même les livres les plus simples, j’ai dévoré ce roman feuilleton. Et la suite figurera au top priorité de mes futures lectures. C’est bien simple : ce livre me redonne goût à la lecture. Et je ne peux que vous inviter à y jeter un coup d’œil. Qu’on aime ou non, cela ne vous laissera pas indifférent. Et en le lisant, rappelez-vous que le livre lui même a sa propre histoire, indépendamment de celle qu’il contient.

 

 

 

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Open Advice : comment bien débuter

Les projets libres ont le vent en poupe. De nombreuses personnes s’y intéressent pour son côté convivial et sa vision de la gestion de projet assez éloignée de ce qui se fait traditionnellement dans le logiciel propriétaire. Nombreux sont ceux qui veulent y participer, d’une manière ou d’une autre, avec leurs compétences. Mais il est parfois difficile de se lancer. D’autres sautent le pas, mais rencontrent des difficultés et parfois échouent. Les projets abandonnés ne manquent pas sur les différentes plate-formes d’hébergement.

Heureusement, d’autres ont réussi avec brio, souvent après avoir essuyé quelques plâtres. Il peut alors être intéressant de profiter de l’expérience des plus anciens pour débuter. C’est d’ailleurs souvent ce qui se passe au cœur des projets, quand les plus expérimentés conseillent et aiguillent les nouveaux contributeurs.

Cependant, parfois les contributeurs maîtrisent leur domaine de participation (le développement, la gestion de communauté, le graphisme, la traduction, etc.) mais connaissent peu (voire pas du tout) les autres activités du logiciel libre.

Un recueil de conseils

Le projet Open Advice a pour ambition d’apporter les conseils nécessaires pour débuter dans le logiciel libre, ou simplement pour découvrir les autres activités. Pour cela, 42 contributeurs expérimentés de tous horizons ont répondu à cette question :

« Qu’auriez-vous aimé savoir avant de commencer à contribuer ? »

Chapitre après chapitre, ces contributeurs émérites expliquent leur expérience du libre, les difficultés rencontrées et ce qu’ils ont déduits. De précieux conseils y sont donnés pour savoir comment débuter efficacement. C’est un ouvrage particulièrement intéressant, et accessible à tous.

D’Open Advice vers Libres Conseils

Depuis novembre 2012, un projet de traduction, fruit de la collaboration entre Framasoft et LinuxFr, réalise la traduction de l’ouvrage, avec pour objectif de l’ajouter à la collection déjà riche des Framabooks. Cette version française, au-delà de l’aventure humaine qu’elle représente pour les différents participants, permettra aux francophones de profiter de cet ouvrage dans leur langue natale. Vous pourrez bientôt profiter ici même d’articles pour vous présenter cela plus en détail.

 

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Creative Commons

Une alternative au copyright

Le copyright tel quel nous le rencontrons sur de nombreux sites est un frein au partage et à la créativité. Vous souhaitez réutiliser une photo trouvée sur un site internet, pour votre propre site ? Vous n’en avez théoriquement pas le droit sans accord de son auteur. Mais il existe de nombreuses alternatives qui permettent de simplifier les échanges. Cela ne veut pas dire que tout est permis. Vous indiquez tout simplement dès le départ que vous laissez un certain nombre de possibilités supplémentaires sur les œuvres que vous avez créées.

Ces alternatives offrent une nouvelle vision de l’échange, basé sur le partage et la mise en commun. C’est l’esprit même des logiciels libres, utilisables pour de nombreuses autres applications, des articles de blogs à la musique, en passant par les livres, ou les plans d’une nouvelle imprimante 3D.

Il existe bien évidemment de nombreuses familles de licence. Cet article n’a pas pour vocation d’être exhaustif et ne présente qu’une des familles les plus utilisées : les Creative Commons.

Présentation vidéo

Pour mieux comprendre ces licences, et les différences entre les différents membres de cette famille, voici une vidéo originale réalisée par Creative Commons Nouvelle-Zélande, puis traduite et transcription par Framalang (Framartin, Goofy et Pandark). Notez au passage que c’est la diffusion de cette vidéo sous licence libre qui a permis la traduction et la transcription de la vidéo dans notre langue.

Vous pouvez également en savoir plus en consultant directement le site Creative Commons France.

Licence du blog

Comme c’est indiqué dans le menu sur la droite de ce blog, sauf mention contraire, les articles publiés ici sont placés sous licence Creative Commons BY-SA. Ce qui signifie, comme vous l’avez compris grâce à la vidéo, que vous pouvez librement diffuser, modifier et réutiliser les contenus publiés ici à condition d’en citer l’auteur et de le faire sous licence équivalente.

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