SNCF, mon amour

Cela faisait très longtemps que j’avais délaissé ce blog (ce qui n’aura pas manqué à grand monde, il est vrai). Mais il y a quelques semaines de cela, la recherche d’un billet de train m’a inspiré ces quelques lignes…

crédit photo : Pablo Alberto Salguero Quiles (CC BY-SA)

Chère SNCF,

Cela fait de nombreuses années qu’on se connaît, toi et moi.
Nous avons connu des joies et des larmes, le froid et les fortes chaleurs, nous avons assisté ensemble à de lointains couchers de soleil. Puis nos routes se sont séparées. J’ai pris l’habitude du confort et de l’autonomie d’une voiture. J’ai oublié peu à peu les traumatismes laissés par Jean-Marc, homme d’affaire format XXL qui avalait presque proprement ce délicieux en-cas à peine odorant, ou Martine qui quand elle n’est en train d’hurler au téléphone tenait absolument à raconter les déboires de son petit fils à l’école. Comprends moi bien, je n’ai rien contre les rencontres potentielles dans le couloir d’un de tes trains, entre le siège 62 et le 68. Mais il a souvent fallu que tu m’envoies le pire de ce que tu pouvais offrir. En toute honnêteté, chère SNCF, j’étais heureux, sans toi.

Récemment, j’ai écouté avec attention ces politiciens tout à fait compétents qui m’ont culpabilisé. Rouler en voiture, c’est mal. En plus, je roule en diesel. Je tue deux fois plus de bébés phoques, et ce n’est pas acceptable. N’ayant pas plusieurs années devant moi pour faire les trajets en véhicule électrique que j’aurai dû recharger pendant une nuit tous les quarante-deux kilomètres, j’ai donc regardé vers toi à nouveau, SNCF, mon Amour.

J’ai fait un nouveau trajet avec toi. Et l’expérience fût surprenante. Tu as réussi à partir presque à l’heure. Aucun appel pendant de longues minutes dans les haut-parleurs nasillards de la gare à la recherche de ton conducteur disparu. Malgré la période automnale, tu n’as pas annoncé des heures de retard en les justifiant maladroitement par les 3 feuilles tombées sur les voies au milieu d’une campagne hostile. Je n’ai pas fait de rencontres aussi pénibles que celles de mes souvenirs, et j’ai même apprécié d’arriver à destination beaucoup plus reposé qu’au moment du départ. Alors je me suis dit qu’il était temps de renouer avec toi. Comme au bon vieux temps. Parce que je dois bien reconnaître que je n’avais jamais vraiment pu t’oublier.

J’ai voulu repartir avec toi. Et là, tu m’as brisé le cœur. Quel était ce chiffre bizarre, là, dans la case « montant à régler » ? Pourquoi était-il si élevé ? Il était même moins cher de voyager par les airs ! Je me suis beaucoup interrogé, tu sais. Je voulais te comprendre. Je sais que tu me parleras du coût de l’entretien des infrastructures, mais cela justifie, à tes yeux, de telles variations de prix ? J’entends bien le message des petits malins du premier rang m’expliquer que c’est une question d’offres et de demandes, que monter les prix dans les périodes considérées comme plus attractives permet de réduire les prix dans les périodes plus creuses, et ainsi mieux remplir tes trains. Mais alors pourquoi tes trains sont-ils si vides aux heures pleines que tu proposes ? Et pourquoi même dans tes jours à faible trafic, tu veux vider mon compte en banque pour le moindre trajet ?

J’ai essayé, oh SNCF, mon amour, de recoller les morceaux avec toi. J’ai voulu croire en toi. Oublier nos différends du passé. J’ai fait un pas vers toi. Mais tout ce que tu as vu, c’est mon porte-feuille, pourtant déjà si peu rempli. Face à de telles propositions, je me dois de te quitter. Je ne te comprends plus. Et je ne suis pas le seul. Cette nouvelle rupture entre nous est un véritable crève-cœur pour moi, et je suis bien conscient qu’en m’éloignant de toi, je dois accepter que ces projets de voyages que nous avions faits ensemble ne resteront que de doux fantasmes. Qu’importe, je n’ai pas le choix.

Adieu SNCF, mon amie, mon amour.

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2 réponses à SNCF, mon amour

  1. goofy dit :

    ah Nicolas je vois que tu as des différen*d*s avec la scncf 😉

  2. goofy dit :

    et même avec la snfccfsnf. Snif !

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